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Les Hospices de Beaune

Par bruno le lun, 10/06/2013 - 23:42
Les Hospices de Beaune
La cour d'Honneur de l'hôtel-Dieu
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La France compte une vingtaine d'hôtels-Dieu. Parmi eux, l'hôtel-Dieu des Hospices de Beaune se démarque par :
-une belle histoire à l'origine de sa construction
-son style gothique flamboyant avec ses toits aux tuiles vernissées et son polyptique sur le Jugement dernier
-et enfin son financement grâce aux 152 ventes aux enchères de vins de Bourgogne

Le jugement dernier, beaucoup y croyaient vers la fin du Moyen-Âge.
En 1443, Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne, Philippe le bon, et sa femme Guigone de Salins, sont fortunés et mènent une vie paisible dans la ville de Beaune. Mais ils ne pouvaient fermer les yeux : la plupart des habitants sont sans ressource et souffrent de misère, famine et maladie causés par le guerre de Cent ans.
Le couple décide alors de fonder un hôpital richement doté pour les plus démunis. Pour eux, aider les pauvres et les malades était comme servir Dieu et assurer leur salut pour l'éternité. Ils s'investissent réellement dans la construction de cet hôtel-Dieu qui, aujourdh'ui, aura fonctionné plus de 550 ans.

Le 4 août 1443, Nicolas Rolin, ambitieux, publie dans la charte de sa fondation, un texte précis et sans ambiguité :

« Moi, Nicolas Rolin [...] fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades, avec une chapelle, en l’honneur de Dieu et de sa glorieuse mère ... »

« Pour le gouvernement et service de ces pauvres, je veux et ordonne qu'il y ait en résidence dans ledit hôpital et à ses frais des femmes dévouées et de bonne conduite en nombre suffisant pour s'occuper de ces pauvres comme il convient»

« Lesquels pauvres de l'un et l'autre sexe, infirmes ou malades, je veux qu'ils y soient reçus, nourris, et soignés au frais dudit hôpital jusqu'à leur retour à la santé ou à la convalescence, et alors remplacés par d'autres pauvres malades»

Le 1er janvier 1452, le 1er malade est admis dans l'hôpital. Puis vieillards, infirmes, voyageurs, vagabonds, pèlerins y viennent trouver un réconfort spirituel.

Si l'hôtel-Dieu a fonctionné pendant plus de 5 siècles, c'est parce que Nicolas Rolin a dépensé sa fortune pour choisir les meilleurs matériaux :
son hôpital est fait de pierre, chaux, sable, fer, plomb, bois, carreaux et ardoise. Il a fait appel aux meilleurs maître-maçons, charpentiers, couvreurs et architectes. Il a sû motiver son personnel et développer le lien entre les soeurs-infirmières et les malades. Il a également reçu plusieurs donations.

Aujourdh'ui, l'hôtel-Dieu est un musée qui, comme un hôpital, accueille les visiteurs chaque jour de la semaine. Il dispose en tout d'une dizaine de salles, toutes commentées. Les lieux où il faut s'attarder sont :

-La Cour d'Honneur : ce qui frappe notre regard, ces sont ses façades gothiques et surtout ses toits vernissés polychromes représentants des figures losangées  (rouge, brun, jaune et vert). C'est le lieu de balade des malades.

-La Salle des "Pôvres" nous plonge dans l'atmosphère de l'époque. C'est là que malades vivaient et recevaient leurs soins. Elle est longue de 50m, a une bonne hauteur sous plafond et est occupée par deux rangées de lits à rideaux avec tables et chaises. Le plafond est peint et a une forme d'une coque de bateau renversée. Les poutres qui le soutiennent sont décorés de têtes d'animaux effrayants.

-Juste à côté, la Chapelle. Le lieu de soin et de prière sont ainsi côte à côte. C'est là que repose la maîtresse de maison, Guigone de Salins.

-La vieille cuisine avec sa grosse cheminée et son tourne-broche.

-Dans la pharmacie, on voit le matériel des apothicaires, mortier en bronze doté d'un arc, fioles, flacons et des étagères pleines de pots de faïence.

-Le polyptique du Jugement dernier est un passage immanquable. C'est une œuvre d'art du 15è s. du peintre flamand Rogier van der Weyden et commandée par Nicolas Rolin en personne. Elle représente le Jugement dernier : Au milieu, le Christ et l'archange Saint-Michel, tenant la balance de la Justice et pesant les âmes des hommes pour décider de leur sort : souffrir en Enfer ou monter au Paradis. 

Comme toute bonne maison beaunoise, le musée dispose d'une cave à vins. D'ailleurs, chaque année depuis 152 ans, a lieu la "Vente des hospices de Beaune", une vente aux enchères traditionnelle de charité à la bougie de vins de Bourgogne, mondialement connue.
Le résultat de ces ventes sert au financement et au maintien des hôpitaux, maisons de retraites et l'hôtel-dieu de Beaune.

Quelques scènes du film La Grande Vadrouille avec Louis de Funès ont été tourné dans la "Salle des pôvres".

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